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HISTOIRE
de la
SEF
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C’est sous l’impulsion d’une poignée d’entomologistes parisiens, exactement
le 31 janvier 1832 à 20 heures, au siège de la Société Philomathique,
rue d’Anjou-Dauphine à Paris, que la
Société entomologique de France
est née.
Dès ce moment, les dix-huit membres fondateurs en ont défini
et précisé les buts, et ceux-ci n’ont guère été modifiés depuis la création
de notre compagnie.
Malgré l’évolution des recherches entomologiques
et la naissance de disciplines nouvelles, les précisions successives
qui y ont été apportées à l’occasion des modifications de ses statuts
(près d’une quinzaine durant la déjà longue histoire de la S.E.F.),
n’ont pas fondamentalement changé les objectifs qui ont présidé à la
création de la Société.
Cette prise de conscience de la grande diversité
du monde des Insectes et la nécessité d’en étudier les multiples facettes
a été totale dès l’origine, et ce sont surtout les formes rédactionnelles
qui ont varié et qui ont souligné les évolutions successives et les
objectifs de la Science entomologique.
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En 1832. « Son objet est de concourir aux progrès de l’Entomologie ;
elle s’occupe de tout ce qui concerne l’Histoire naturelle des Crustacés, des Arachnides et des Insectes ».
En 1900. « Son objet est de concourir aux progrès de l’Entomologie en
général et d’appliquer cette science à l’agriculture, à l’industrie, aux
arts et à la médecine ».
En 1930. « Elle a pour but de concourir aux progrès de l’Entomologie
en général et de provoquer notamment des travaux relatifs à la faune de
France et des colonies et d’étudier les applications de cette science
à l’agriculture et à la médecine».
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En 1973. « Elle a pour but de concourir aux progrès de l’Entomologie
en général, de favoriser la réalisation des travaux sur les faunes françaises
et étrangères... d’approfondir la connaissance des Insectes dans les
milieux naturels... afin de protéger certains biotopes, etc. ».
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Dès sa création, autour de Pierre André Latreille, proclamé à l’unanimité
Président d’honneur, de Jean Guillaume Audinet-Serville son premier
Président élu, et des membres fondateurs, se groupe une pléiade
d’entomologistes et de savants venant d’horizons très divers. |
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C’est même à l’honneur de notre société que d’avoir su fédérer, dès sa
naissance, les «scientifiques » professionnels et les « amateurs »
qui s’intéressent à l’étude des Insectes. Tous ces passionnés vont
concourir, selon leurs capacités et leurs moyens, souvent aussi
avec le même enthousiasme, à façonner la renommée qui est la sienne
aujourd’hui. |
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Le 7 février 1832 le règlement de la jeune S.E.F. fut discuté et le bureau
élu.
Le 29 du même mois, une première assemblée générale regroupe autour
de Latreille trente-cinq sociétaires et douze membres « honoraires »,
dont quatre étrangers appartenant à des Académies ou des Sociétés savantes
de Londres, de Berlin, et de Stockholm. En fait, dès ce moment, la jeune
S.E.F. regroupe les forces les plus dynamiques de l’Entomologie française
et ses membres, tous animés de la même passion, prennent alors véritablement
conscience de l’ampleur de leur mission.
Dès le début, ces « entomologistes »
ont œuvré dans des directions très diverses. A côté de ceux, dont certains
sont déjà des « naturalistes-voyageurs », qui vont consacrer
leur vie à la recherche et à la description des espèces nouvelles, il
y a ceux qui vont construire les bases des classifications naturelles,
définir les premiers principes de la Systématique « moderne »,
et confectionner ainsi les premières monographies.
D’autres vont plutôt orienter leurs recherches vers la morphologie ou l’anatomie des Insectes.
Enfin, il y a aussi ceux qui s’intéressent plus spécialement aux comportements
des Insectes, à leurs mœurs, et qui passent une large partie de leur temps
à les observer et, éventuellement, à évaluer l’importance de leurs dégâts
dans les milieux où ils pullulent.
Ces entomologistes qui scrutent avec
autant de patience et de minutie les Insectes sont, en réalité, sans trop
le deviner encore... les véritables inventeurs de l’Ecologie des espèces
et des populations, mot et science qu’ils ne connaissaient pas à cette
époque.
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Ainsi, parmi ces premiers sociétaires,
il y a déjà des savants de grand renom, des « professionnels » de l’Entomologie
ou de la Zoologie, comme par exemple pour n’en citer que quelques-uns parmi les fondateurs
les plus connus : Pierre André Latreille (1762-1833), père de l’Entomologie
moderne, qui est d’abord nommé « aide-naturaliste » au Muséum
de Paris. Il publie de nombreux ouvrages et notamment une « Histoire
naturelle, générale et appliquée, des Crustacés et des Insectes »
; vers la fin de sa vie, il succède à Jean-Baptiste de Monet, Chevalier
de Lamarck (1744-1829), et il est nommé « Titulaire » de la
Chaire de Zoologie, des Insectes, Vers et animaux microscopiques.
Son successeur, Victor Audouin (1797-1841), actif collaborateur des deux précédents
s’intéresse surtout à la biologie des Insectes, mais aussi à l’Entomologie
appliquée et il publie une intéressante « Histoire des Insectes nuisibles
à la vigne » en 1842. Avec peu de moyens, Victor Audouin
a su enrichir considérablement les collections du Muséum national.
On relève encore parmi nos premiers sociétaires « professionnels »,
d’autres noms célèbres comme Gaspard-Auguste Brullé (1809-1873), d’abord
« aide-naturaliste » au Muséum à Paris, puis Professeur à la
Chaire de Zoologie à la Faculté de Dijon, et qui participe à « l’expédition
scientifique de Morée » (1831-1835), et en revient avec un grand
nombre d’espèces nouvelles et qui, un peu plus tard, établit une remarquable
classification des « Névroptères ».
On trouve aussi Henri Milne-Edward (1800-1885), un des pères fondateurs de la physiologie française, d’abord Professeur
de Zoologie à l'École Centrale des Arts et Manufactures, puis Professeur
à la Chaire d’Histoire naturelle des Crustacés et Insectes au Muséum à
Paris.
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Parmi les « amateurs » éclairés, célèbres par la qualité de leurs
travaux et qui étaient présents à la fondation de la S.E.F., on remarque
notamment Jean-Guillaume Audinet-Serville (1775-1858), notre premier président
élu, qui publie une remarquable « Revue méthodique de l’ordre
des Orthoptères » ;
Monsieur Louis Alexandre Auguste Chevrolat
(1799-1884), qui était vérificateur à l’administration de l’octroi de
Paris, grand collectionneur de Coléoptères, descripteur de très nombreuses
espèces nouvelles ;
ou bien encore, Monsieur Jean-Baptiste Alphonse de
Boisduval (1799-1879), Docteur en médecine, puis Docteur ès- sciences,
naturaliste le plus complet, botaniste, spécialiste des Lépidoptères et
notamment des Zygénides dont il publie, dès 1829, une remarquable monographie
; il s’intéresse aussi aux Coléoptères et à bien d’autres choses encore
; c’est en fait, comme beaucoup de ses contemporains, un travailleur infatigable
qui laisse une œuvre considérable.
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Enfin, il y a tous ceux dont les noms sont aujourd’hui un peu moins connus, ou
qui le sont seulement des « spécialistes » qui travaillent dans
le même esprit ou sur les mêmes groupes ou familles d’Insectes que leurs aînés.
Ils sont déjà nombreux à la naissance de la S.E.F., et ils le deviendront
bien plus encore quelques années plus tard lorsque la notoriété de notre
société grandira et brillera par la qualité des travaux de ses représentants.
Ce sont pour beaucoup des « amateurs » qui aiment l’Histoire
naturelle, et, notamment les Insectes, et qui vont réunir, parfois avec
de faibles moyens, de riches collections de référence.
Ils seront parmi les premiers à dresser les catalogues et les inventaires locaux ou régionaux.
Ce sont les Rambur (Capitaine de cavalerie), Gougelet (employé à l’octroi
de Paris), ou Viard (négociant, Capitaine de la garde nationale), pour
n’en citer que quelques-uns pris au hasard parmi les fondateurs de la
S.E.F., qui ont apporté, à des degrés divers, avec tous ceux dont la destinée
entomologique est un peu plus obscure, une grande part, peut-être la plus
riche par sa diversité, de nos connaissances actuelles.

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Durant les douze premières années qui suivent sa création, les membres de la
S.E.F. se réunissent dans les locaux de la Société philomathique et rassemblent
les premiers éléments de notre bibliothèque.
En 1844, l'Hôtel de Ville de Paris met à notre disposition un local que la S.E.F.
occupera jusqu’en 1865. Puis le siège se déplace encore plusieurs fois, tantôt à la Mairie
du quatrième arrondissement, plus tard à celle du sixième.
Après quelques péripéties, le siège social et la bibliothèque trouvent cette fois asile
à l’Hôtel des sociétés savantes, 28 rue Serpente. Elle y restera très
longtemps, mais l’exiguïté des locaux, le volume de sa bibliothèque qui
augmente rapidement et qui représente déjà une riche part de son patrimoine,
vont l’obliger de nouveau à trouver un autre refuge et ce sera cette fois
dans une grande salle concédée par l’Institut national agronomique (en
1932), qu’elle s’établira pour y célébrer le centenaire de sa création.
Les années passent… La S.E.F. grandit et le nombre de ses sociétaires
est chaque année plus important. Cette progression constante et surtout
la qualité des travaux qui sont régulièrement publiés par ses membres
respectifs, assurent maintenant à notre compagnie un rang particulièrement
distingué parmi toutes celles qui existent aujourd’hui.
Enfin, en 1959, la S.E.F. s’installe dans de confortables locaux cédés par le Muséum national
d’Histoire naturelle, dans le nouveau Laboratoire d’Entomologie générale
et appliquée, qui est alors dirigé par le Professeur Alfred Serge Balachowsky,
lequel est aussi un grand protecteur de notre Société.
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La
Société Entomologique de France est une association régie par la loi
du 1er juillet 1901. Elle a été reconnue d’utilité publique
par décret du 23 août 1878.
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Fidèles à ses objectifs et à ses traditions, les membres de notre association poursuivent
aujourd’hui, essentiellement avec les cotisations et les dons de ses membres,
sans subvention de l'État, mais toujours avec le même enthousiasme, l'œuvre
entreprise par ses fondateurs.
C’est maintenant une société d’un âge respectable qui compte près de six cent cinquante adhérents.
Chaque année, de nouveaux sociétaires présentés par leurs « parrains » viennent encore grossir
les rangs de la S.E.F. qui les accueille toujours avec bienveillance.
Elle reste toujours, nous espérons qu’elle le restera longtemps encore, un trait
d’union essentiel entre les « professionnels » de l’Entomologie
et ceux qui pratiquent cette Science en « amateurs ».
Tous, face
au monde fascinant des Insectes, trouvent au sein de « leur »
société un milieu propice à la réalisation de leurs travaux, et elle demeure
encore et toujours un lieu de rencontre irremplaçable où leurs idées et
leurs expériences contribuent à faire progresser nos connaissances.
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Dr.
Cl. Girard
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L’auteur de ce texte s’est très largement inspiré de «La Société entomologique
de France de 1832 à nos jours », travail publié en 1976
par Monsieur Jacques d’Aguilar, ancien secrétaire de la S.E.F. de 1965 à
1981. Il a consulté aussi l’intéressant ouvrage de Jean Lhoste « Les
entomologistes français, 1750-1950 ». En revanche, pour ne pas
se laisser trop influencer, il n'a pas voulu utiliser l’excellent et volumineux
travail de Paul de Peyerimhoff « La Société entomologique de France,
1832-1931 », publié en 1932 dans le livre du Centenaire et qui est sans aucun doute
la meilleure « mémoire » de la S.E.F. |
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